Les 4 et 5 mai se sont déroulés les Challenges « Pluridéfis » au Lycée Provincial Hornu-Colfontaine. À l’initiative de la Chef d’atelier, Laurence Cardinal, ces concours sont destinés aux élèves du deuxième degré et sont organisés en inter-réseaux.

L’objectif de ces challenges est de promouvoir la confiance du jeune par la participation à un défi proche de la réalité d’un chantier. L’évènement est soutenu par les confédérations professionnelles et l’Instance Bassin EFE Hainaut-Centre ainsi que sponsorisé par le monde de l’entreprise (dons de matériel et matériaux). 


Quatre concours sont organisés : Défibrick, Electrodéfi, Défibois et Déficolor.


« Pluridéfis » se construit autour des valeurs fondamentales de citoyenneté : entraide, respect et coopération. Des écoles d’enseignement ordinaire et également spécialisé issues de l’ensemble de la Fédération Wallonie-Bruxelles y ont participé. En partenariat avec l’Instance Bassin EFE, des actions ciblées ont été menées afin de favoriser l’intégration des enfants à besoins spécifiques.

Au total, 29 écoles avec 85 élèves étaient présentes. Comme des professionnels, les élèves ont reçu un plan et un cahier de charges auxquels ils ont dû donner vie.

 

  • Defibrick, concours de maçonnerie, est le premier à avoir été organisé. Il s’agissait de sa 5ème édition.  21 équipes se sont affrontées, soit 42 élèves accompagnés de leur coach. À noter la belle 3ème place des élèves de l’Ecole d’enseignement spécialisé Le Foya d’Anderlues. Ces derniers ont trouvé l’ambiance détendue et estiment que leur participation leur a apporté une belle expérience.
  • Electrodéfi, concours d’électricité, s’organisait pour la 3ème fois. 15 élèves ont concouru.  L’Institut technique de Namur a ravi les deux premières places grâce aux belles prestations de Kevin Diriks et Guillaume Baugniet.
  • Défibois, concours de Menuiserie, comptabilise deux éditions. 21 élèves y étaient inscrits. Audrey Latine, la seule jeune fille inscrite à ces deux journées y participait.  Elle nous confiait ne pas être du tout impressionnée par cette situation. Même si elle ne se classe pas à la première place, elle voit sa participation comme une belle expérience dans sa formation. Elle espère revenir l’année prochaine avec davantage de compétences.
  • Il s’agissait d’une première édition pour Déficolor, concours de peinture. 6 élèves étaient inscrits issus de 3 écoles différentes : l’Institut Provincial Charles Deliège, le CEFA de Mons et l’Institut de la Construction, des Arts Décoratifs et de l’Infographie de Liège.  Il est important de noter que cette option est peu organisée dans l’enseignement.

 

Palmarès

 

Défibrick

Electrodéfi

Défibois

Déficolor

  1. Athénée Royal Jourdan - Fleurus
  2. Lycée provincal – Hornu Colfontaine
  3. Le Foya - Anderlues
  1. Kevin Diriks – IT Namur
  2. Guillaume Baugniet – IT Namur
  3. Emmanuel Cornez - LPHC
  1. Benjamin Hot – AR Jodoigne
  2. Safi Jonet – ICADI Cefa Liège
  3. Jonas Bosmans – ICA Libramont
  1. Diego Baldarelli – IPCD
  2. Diego Giargiana – ICADI
  3. Dorian Mussche - IPCD

 

 

Quelques mots de l’organisatrice, Laurence Cardinal

 

Pourquoi organiser des concours ?

Il y a 5 ans, j’ai souhaité remettre en place le concours sectoriel de maçonnerie : « La truelle d’or », arrêté depuis quelques années. Lors d’une réunion de préparation, j’ai été interpellée par un inspecteur qui m’a fait remarquer que tous les concours étaient destinés aux élèves du 3ème degré. Nous avons donc décidé d’orienter le nôtre vers le degré inférieur.
Participer à un concours est valorisant pour les élèves. J’ai souhaité relever ce défi et ça a fonctionné.

La première année, seul « Défibrick » était organisé. Je n’avais pas de moyens financiers, donc très peu de liberté d’action. J’ai été soutenue par mon directeur, M. Gueben et nous avons décidé de l’organiser lors du salon « Itinéraire Métiers » au Lotto Mons Expo. L’aspect inter-réseaux était très important pour moi ainsi que la participation des différentes formes d’enseignement. La première édition a été une belle réussite ; tout était déjà réuni : l’aspect inter-réseaux, des CEFA, des écoles d’enseignement spécialisé ainsi que la mixité des genres.

Depuis, un nouveau concours est organisé chaque année…

Quels sont vos objectifs ?

Au-delà des compétences techniques qui sont évaluées, l’objectif est de miser sur les valeurs humaines qui sont également très importantes dans l’exercice d’un métier. Maitriser la technique en respectant les valeurs fondamentales permet d’aller plus loin dans l’apprentissage. Depuis 5 ans, des beaux constats ont été faits en termes d’accueil, d’entraide, de respect et de fair-play. C’est ce qui m’importe le plus, et non le classement.  

Je reçois également des retours des écoles participantes qui vont dans ce sens : des jeunes portent leur tee-shirt toute l’année, des équipes pédagogiques (re)soudées, …

Un des combats important pour moi est le maintien de la participation de l’enseignement spécialisé. Les écoles ont souvent peur de ne pas être à la hauteur alors que c’est tout l’inverse.

Parlez-nous un peu de l’organisation…

Pendant les vacances d’été, je vérifie que tous mes sponsors sont à nouveau prêts à me suivre. J’en recherche également d’autres.

Pour la mise en place du nouveau concours, je dois rédiger le règlement, me plonger dans le référentiel de formation et établir la grille d’évaluation.

Je passe beaucoup de temps à gérer les contacts pour que tout le monde soit informé à temps.

L’organisation interne prend beaucoup de temps. Il faut libérer les professeurs qui doivent m’aider et donc trouver une solution pour les élèves. Il faut préparer les locaux et le matériel, gérer les transports de matériaux et les hébergements éventuels, …
Je fais tout ce travail en plus de ma fonction de chef d’atelier. Dans ce contexte, le soutien administratif et logistique de l'IBEFE Hainaut-Centre, de même que celui de l'ensemble des autres partenaires, est précieux. 

Comment se passent vos contacts avec les entreprises ?

Très bien. On entend souvent dire qu’il existe une rupture entre le monde de l’entreprise et les écoles. Je ne ressens pas ça du tout. Les entreprises sont très réceptives à ce projet. Elles me donnent du matériel et parfois un soutien financier. Elles s’impliquent également dans la collaboration : elles vont sur le site internet, veulent les photos ainsi que les articles et reportages éventuels. Elles s’inquiètent aussi parfois de la qualité et du ressenti du jeune par rapport au produit donné. Une entreprise souhaite même développer ce type de concours dans la partie néerlandophone du pays.

Les entreprises ont une réelle envie de se faire connaitre auprès des jeunes.

Quelles sont les perspectives d’avenir ?

Chaque année, réussir à organiser ces concours est un vrai défi. Je ne suis jamais certaine d’y parvenir l’année suivante et ce pour différentes raisons. Si on se relance dans une 6ème édition, pourquoi ne pas organiser un nouveau concours… en carrelage ou en soudure par exemple !
 

Contact

Ludivine DI RUGGIERO

Chargée de mission "Pôle de synergie"

065/409.337